lundi 8 octobre 2007

Video Store Blues

Un triste événement vient d'arriver aux cinéphiles de Los Angeles. Un club vidéo indépendant nommé Jerry's Video a récemment fermé les portes. Selon les descriptions trouvées sur le web, il s'agissait du genre d'endroit où l'on pouvait trouver une quantité impressionnante de vidéocassettes de films rares, bootlegs et autres imports obscures. Le curieux voulant simplement voir quelques chose de dément n'avait qu'à tendre la main alors que celui cherchant un film spécifique devait s'adonner à de véritables fouilles archéologiques. Les habitués parlent de cet endroit avec nostalgie et se blâment eux-même de ne pas y être allé plus souvent ces derniers temps. La majorité expliquent qu'avec la vaste collection de DVDs se trouvant à domicile, l'envie de louer se dissipe rapidement. Je dois admettre connaître cette situation. Un calcul rapide m'a permis de constater qu'il me faudrait environ un an, à défaut d'un titre par jour, pour visionner tous les films que je n'ai pas encore vu !

Ce type d'établissement commence tranquillement à disparaître. La place de plus en plus grande des Blockbusters et Vidéotrons sonne le glas des boutiques indépendantes. De plus, les DVDs assagissent certains magasins. Ce que je veux dire par là est que les commerçants ayant conservé une tonne de VHSs, incluant quelques raretés, s'en débarassent pour les remplacer par des oeuvres plus mainstream. Dans le petit village de Val-Morin se trouve Kino's Vidéo, un ancien temple des grosses cassettes de films d'horreur. La section de films d'épouvante était impressionnante puisque, en plus d'une panoplie de séries Z italiennes, on y trouvait des films de femmes en prison, des policiers français et la filmographie presque intégrale de Jean Rollin. Maintes fois, j'avais supplié le patron de me vendre certaines cassettes, offrant un prix tout à fait raisonnable. Il refusait à chaque fois en m'expliquant que plusieurs clients louaient régulièrement ces films, ce que j'ai toujours eu un peu de misère à croire... Lors de ma dernière visite, qu'elle ne fut pas ma déception en découvrant toutes ces VHSs remplacé par un section pour enfants en format digital. La vente que j'avais attendu depuis si longtemps m'avait passé sous le nez. J'aimerais bien savoir qui ce les ai procuré... probablement un Laurentien un peu trop curieux qui sera transfiguré pour le meilleur ou le pire.

La Foire du Vidéo sur Sainte-Catherine était également légendaire. Surnommé la Poire par mes amis collectionneurs, l'établissement nous permettait de se débarasser de quelques atrocités qui prenaient de la poussière sur nos tablettes. Les employés, dont le patron que l'on appelait le Moustachu, étaient naif et flairaient la bonne affaire dans tous ce que nous lui présentions. Un ami lui avait même refilé une Secam sans problème ! Le hic était que les prix étaient exhorbitants, 8,95$ pour une cassette, mais on pouvait trouver quelques raretés. J'avais réussi à mettre la main sur plusieurs films de Deodato par exemple.

Il y a plusieurs histoires sur ces temps passés dans les clubs vidéos à rechercher la perle rare. Cette époque est derrière nous, le DVD a rendu plusieurs trucs facilement disponible, enlevant même le statut mythique de certains titres. Les collectionneurs sont désormais paresseux aussi. Avec le digital et désormais le haute-définition, on se demande bien pourquoi on se taperait une image laide et un son questionnable.

Restent quelques souvenirs à se remémorer devant notre pile de VHSs poussiéreuses, un roman à ce sujet et des boutiques vides.

3 commentaires:

Anonyme a dit…

Sympa, voir un peu touchant. C'est le fun non seulement de comprendre ta passion pour le cinéma mais de la ressentir. Merci
Za

Frédérick a dit…

En effet, le glas est sonné !

Bientôt, d'ailleurs, ce sera le glas du DVD, dans quelques années, mais le DVD est un format moins chaleureux et pittoresque que la VHS.

Quelques titres VHS ne seront sans doute jamais édités en DVD, ce qui assure une certaine pérennité au genre. Et puis, ces VHS avaient parfois un attrait décalé, avec leur logo absurde en début de film...

Je continue à regarder des VHS de temps en temps, une fois aux deux mois, peut-être. C'est peu, mais bon... mieux que rien. Et ça fait baisser la pile !

--- a dit…

Ouais, effectivement. On pourrait également la présence de ces films n'ayant jamais été édité en vidéo et qui ne seront vus que par un public réduit fréquentant les cinémathèques.

Le DVD a légitimiser certains films, leur a retiré leur aspect mythique. Avec Internet, on connaît les distributeurs, on sait où ils se trouvent et quels titres ils s'apprêtent à mettre sur le marché. Le DVD nous a également permis de connaître ces réalisateurs de séries B qui n'étaient que des noms au générique.

Il n'y a plus de mystère alors qu'avec la VHS, l'objet semblait avoir des origines suspectes, voire même inatteignable. Mais ça, tu le sais mieux que moi !