lundi 31 mars 2008

It's the season of the year

... où un lundi soir, on se trouve devant son écran d'ordinateur à taper plus ou moins n'importe quoi sur un sujet auquel on ne voue aucun intérêt. Soudainement, tout devient propice à la distraction. On se branche à MSN simplement pour voir qui s'y trouve et on engage immédiatement une conversation. On visite ensuite sur Youtube pour visionner un épisode de Spider-Man puis l'on part à la recherche de cette chanson dont on a oublié le titre sur Limewire. Les visites vers le réfrigérateur ou la toilette deviennent de plus en plus fréquents. On écoute à moitié les lignes ouvertes, on trouve les commentaires des auditeurs vides mais à quelque part, on envie leur liberté en rêvant un instant d'une vie simple loin des livres. On se dit que ça ferait un putain de beau billet sur ce blogue que l'on néglige beaucoup trop. On s'attaque à cet article que l'on trouve génial puis on jette un coup d'oeil à l'heure. Il est 1:38 du matin, la moitié du torchon est faite, on sait plus moins où on s'en va pour la suite, mais encore faut-il le faire. On soupire un instant en se disant que quand il faut y aller...

Ouaip... c'est bien la fin de session....

mardi 4 mars 2008

Autobiographie

J'en ai peut-être déjà parlé ici, mais pourquoi s'attend-on à ce que les utilisateurs du web soient honnêtes ? Nous habitons dans un univers où pour connaître quelqu'un, nous allons vérifier ce que cette personne dit d'elle-même sur son blog et son compte Facebook. On croit fermement qu'un individu n'oserait pas mentir sur un lieu aussi fréquenté que l'Internet.

Voyons donc, 2000 ans de littérature ne nous ont pas démontré que l'écrivain, même en tentant d'être le plus véridique, sera porté à mentir ? Dans Les carnets du sous-sol, Dostoïevski dénonce Rousseau d'être malhonnête dans ses Confessions en transformant ou éliminant tout simplement certains passages. Nous avons je ne sais combien d'événements rapportés dans des autobiographies contredits par des experts ou, encore mieux, des proches des auteurs. Pourquoi oublions-nous cette leçon lorsque nous passons des livres à l'écran ? Surtout lorsque l'on sait pertinemment que l'anonymat règne le Net, que n'importe qui peut se dissimuler derrière un pseudonyme dans le but de s'inventer une vie. Mais semblerait que ce soit très différent lorsque que quelqu'un fait usage de son véritable nom...

D'où vient cette confiance aveugle ? Est-ce parce que les utilisateurs du Web sont généralement honnêtes sur Internet ? Je lisais un blog il y a quelques minutes où la webmestre expliquait que son copain sentait le citron. Pourquoi nous laisse-t-elle pénétrer dans son intimité si vivement ?

Je n'ai pas de réponse et je vous invite à me les apporter en disant, de préférence, la vérité...


samedi 9 février 2008

Exclusif

Je viens d'ouvrir un groupe dédié à Du riz et des fèves sur Facebook.

Vous y trouverez des versions annotées de chaque émission.

vendredi 8 février 2008

Sauve qui peut (la vie)

Je parlais il y a quelques semaines de Facebook, site web dont je refusais de devenir membre pour des raisons sociologiques. Un engagement professionnel m'a obligé de me joindre à cette grand communauté virtuelle et de plonger dans cette folie qui tient de sujet à ô combien de conversations ces derniers temps.

D'ailleurs, je garde ma position concernant le pathétisme des retrouvailles faites par l'entremise de ce site. Si j'ai effectivement repris contact avec de vieilles connaissances, notre rapport se limite souvent à simplement se rajouter à son réseau d'amis. Je me rends ainsi compte que je communique principalement avec les personnes que je côtoie quotidiennement plutôt qu'avec ces potes à qui je n'ai pas adressé la parole depuis des années. Il y a bien sûr quelques exceptions qui ne font finalement que confirmer mon affirmation.

En fait, ce qui s'avère beaucoup plus intéressant à étudier demeure ces personnes avec qui nous n'avons tout simplement pas envie de reprendre contact. Pour diverses raisons souvent désagréables, on apprécie que la route de la vie nous aille envoyer dans des directions opposées et, si jamais elle voulait que l'on se croise à nouveau, on changerait volontiers de trottoir. Par contre, on se demande parfois ce qu'ils sont devenus et, évidemment, on hésite pas une seconde à les rechercher sur Facebook.

C'est pou ces raisons que j'ai découvert le profil d'un vieux collègue au Cégep. Nous nous étions laissés en très mauvais termes, au point tel que l'on ne s'adressait même plus la parole lors de notre dernière session ensemble. Les tournages de film étudiant, j'en ai déjà parlé ici, peuvent drastiquement détruire des amitiés éphémères. Bien que je n'avais eu aucune nouvelle de lui depuis une éternité, rien ne pouvait me préparer au choc qui allait suivre. Il avait quitté Montréal, pas étonnant puisqu'il détestait la métropole, et avait repris les études. Ce détail me surpris : il détestait l'école et nous annonçait qu'il allait devenir caméraman dès qu'il mettrait la main sur son DEC. Il a donc décidé de changer de parcours pour étudier... la linguistique !!! Le mec que je connaissais était paresseux, le maître du moindre effort et le voilà à étudier les origines du langage ? Pire encore, lui, le célibataire le plus endurci de la planète se trouve désormais «In a relationship» avec une dénommée Marie ? Le mec a véritablement changé. Ce n'est tout simplement plus la même personne. À vrai dire, j'ai même cru un instant me tromper de profil puisqu'au lieu d'une photo se trouvait un dessin lui ressemblant plus ou moins. Ses goûts en musique et en cinéma ont néanmoins confirmé mes doutes.

En jetant un coup d'œil à sa liste d'amis, je découvre qu'il n'a vraisemblablement conservé aucun contact avec aucun de mes proches. Il a donc complètement effacé deux ans de sa vie, allant même jusqu'à changer de ville pour recommencer à neuf. Admirable pour lui, troublant pour moi qui ne peut s'empêcher de me sentir comme un intrus espionnant de loin quelqu'un que je croyais connaître.

dimanche 27 janvier 2008

Pleurs

Pas réellement une histoire, plutôt une constatation.

N'importe qui ayant pris le métro à Montréal, ou dans n'importe quelle autre ville, a inévitablement croisé quelqu'un assis sur un band en train de verser de chaudes larmes. Alors que je me rendais à CHOQ mardi, je suis passé à côté d'une jeune dame tenant son cellulaire d'une main et un mouchoir de l'autre. Son coeur venait peut-être de se briser, mais ne sautons pas à d'hâtives conclusions.

Il s'agit probablement d'une peine si grande qu'elle effrite la notion d'intimité, nous poussant l'exprimer sans pudeur aux yeux de tous. La pauvre fille se voyait comme frappée par la foudre, explosant en pleurs sans se soucier du regard des autres.

Ou alors, peut-être qu'elle désirait au contraire attirer l'attention d'un inconnu. Il est possible qu'elle recherchait le confort d'un étranger en exposant ouvertement ses blessures.

Comme la plupart des passants cette soirée, je ne le saurai jamais. Égoïste, je ne voulais pas avoir mon propre moral brisé et j'ai simplement continué mon chemin.

lundi 21 janvier 2008

Radio

Du riz et des fèves sera désormais diffusé tous les mardis soirs à CHOQ.FM à 23h. Vous pourrez ensuite écouter l'émission sur Podcast quand bon vous semblera.

Si vous avez des anecdotes que vous aimeriez que je raconte en ondes, envoyez-les moi par courriel.

mercredi 9 janvier 2008

Décennie

Il y a dix ans de ça, c'était la fameuse tempête de verglas. Si vous ne savez pas de quoi je parle, vous n'êtes pas Québécois. Nous possédons un bel éventail de désastres écologiques comme les inondations du Lac Saint-Jean. J'étais tout jeune à l'époque et à chaque matin, je me ruais vers le radio pour apprendre si mon école était fermée ou non. Mon père me répondait toujours par la négative, sauf un matin où il ne m'a tout simplement pas réveillé. J'ai compris alors que la fin de semaine allait durer plus longtemps que prévue.

Deux de mes amis l'ont appris en se rendant à l'école à pied. L'autobus n'arrivant pas, ils ont pris la décision de faire le trajet à pied. Ce qui ne devait prendre que quelques minutes a demandé pas loin d'une heure. Ils prétendent qu'ils ne sont pas tombés une seule fois malgré les trottoirs glissants et ma foi, pourquoi pas ! Lorsqu'ils arrivent enfin face au collège, ils remarquent que personne ne se trouve devant le bâtiment. Ils tentent d'ouvrir plusieurs portes, mais elles sont toutes barrées. Ils se regardent avec un mélange d'extase et un incontrôlable sentiment de victoire. Ils pouvaient enfin revenir dans leur demeure pour jouer au Sega CD. Un hit à l'époque était la chanson-thème des Boys d'Éric Lapointe. Comme le dit souvent un de mes deux amis, ça fittait bien avec le moment.

Une expérience très forte en terme de cinéphilie a eu lieu lors de cette tempête. Pendant plusieurs jours, les chaînes de télévisions diffusaient en boucle des informations sur la tempête. Lorsque les événements se calmèrent un peu, ils décidèrent de présenter des films tard le soir, question de changer les idées du peuple apeuré. TVA eu la très étrange idée de jouer le remake de Night of the Living Dead. Étant fasciné par le cinéma d'horreur, j'applaudissais cette initiative et dévorait le film jusqu'à ce que la terreur m'envahisse complètement. Venant tout juste de voir des heures d'actualités montrant le Québec en détresse, je m'identifiais avec ses personnages en prise avec une incontrôlable force de la nature. Je n'ai jamais été capable de le visionner jusqu'au bout, préférant l'humour de Beavis et Butt-Head disponible sur une chaîne canadienne. Je pris une marche très tard dans la soirée, craignant que dans le brouillard, quelques zombies pouvaient se cacher.